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  <title>Coups de coeur quartier latin</title>
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  <description>Coups de coeur : quartier latin</description>
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<title>Et si tout partait de la famille… ?</title>
<pubDate>Tue, 1 Nov 2011 00:00:00 +0100</pubDate>
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  &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Emmanuel Todd  est  un  drôle  de bougre.  Officiellement il  se  présente  comme démographe,  ce  qui  se justifie  sans  doute  par le fait  qu’il fasse  de la famille, et plus largement  de la structure familiale dans une société donnée,  la clé  de sa réflexion sur les  développements  sociaux et politiques.  Mais  le cantonner dans un rôle  de  « super-statisticien » serait passer  entièrement  à côté   d’une  des pensées  les plus novatrices  et originales   de notre  génération.  Et paraît  ces jours-ci le premier tome   d’une œuvre maitresse  dans laquelle   Todd rassemble  pour la première fois  les tenants et aboutissant de  sa vision du monde  en un traité synthétique  dont l’ampleur peut effrayer  au départ mais  dont la pertinence   fait de lui  une sorte  de Bourdieu  géopolitique  -  et, n’ayons pas  peur des mots,  le hisse  au niveau  d’un Claude  Levi- Strauss. 
« L’origine des systèmes familiaux »  sera  assurément un de ces  grands classiques  dont se délecteront les  élèves  de  classes  préparatoires,  les thésards  en sciences politiques et autres  élites  intellectuelles.  Ce que  Todd  rassemble ici  sont quarante  années   de recherches,  non dénuées d’hésitations. Ses ouvrages  précédents, sans doute plus  politiques, plus « lisibles »,  donnent un bel aperçu  d’une  réflexion polymorphe,  dont la  fécondité  et la créativité  font attendre le prochain  avec  cette sorte  d’émerveillement   que suscitait Foucault quant, à chaque fois, il s’attaquait à un nouveau sujet. 

Le  premier ouvrage  de Todd  ( la  chute finale, 1976) donnait déjà le  ton :  ce  fugace membre  du PCF y démontrait, des années  avant  tous les analystes politiques , la décomposition du système soviétique. Il vaque  ensuite à divers emplois,  devient une sorte d’analyste politique  de luxe  en  écrivant pour le Monde et pour la  fondation Saint –Simon, jusqu’à être taxé  d’inventeur de la  notion de  « fracture sociale » , pourtant empruntée, selon son propre aveu à  Marcel Gauchet.. Qu’importe, la renommée  est faite,   et  en 2002 la percée  définitive  pour le grand public  avec  « Après l’empire »  où il   démonte avec une rare clairvoyance  la déliquescence  de la  voie américaine- l’ouvrage  est toujours d’actualité.  

Todd  s’engage  un moment  sur une autre grande idée politique  qui  semble ne voir qu’aujourd’hui quelque reconnaissance  sous le vocable  de  « démondialisation ». Il  cherche, en vain à l’époque, à faire comprendre au monde politique  l’inanité  du discours  libre-échangiste  et propose, pour  parer  aux  conséquences  aujourd’hui manifestes  de la  désindustrialisation rampante qui faisait  « moderne » pendant les années  80,  une approche  de  « protectionnisme  européen ».  C’est une grande idée,  aujourd’hui récupérée  par les deux  extrêmes du spectre politique, dans un reflexe  tardif  tenant plus du refuge émotionnel que  de l’analyse   géo- et socio-politique.  

Mais tel est Todd :  touche-à-tout  , naviguant entre  histoire et géographie,  entre sociologie et  politique,  créateur  d’une nouvelle discipline qui n’a pas encore de nom.  

« L’origine des systèmes familiaux »  est en quelque sorte  l’œuvre  fondatrice  de cette nouvelle discipline qui cherche  dans  le psycho-social des  structures familiales l’origine  des grands courants  de pensée  et d’organisation sociale qui ont  marqué le monde.  De quoi parlons-nous ?  Todd  fait le rapport entre, par exemple, la famille nucléaire absolue  anglaise  et le libéralisme/individualisme anglo-saxon ( tout comme Weber  le reliait à l’éthique du protestantisme – et les deux  visions ne sont pas contradictoires) et revient  sur  une  notion  déjà étudiée par  d’autres, à  savoir la chaîne d’influence  des  systèmes   d’héritage, expression même de la structure familiale,  sur la  psychologie des peuples  et les résultantes  géopolitiques  qui s’en suivent. 
Ce n’est pas vantardise  que  de constater  que  la crise mondiale actuelle  était déjà annoncée dans  « Après l’empire »  et que le printemps  arabe  trouve  son explication lumineuse  dans les travaux  de Todd. . « L’origine des systèmes  familiaux » n’est pas le plus lisible  des livres  de Todd, mais c’est une somme passionnante. Et   qui peut aussi se lire comme un roman, pour qui est à la recherche   d’une nouvelle vision  de l’Histoire,  d’une  Histoire  qui  peut se projeter avec  succès   dans l’avenir. Et donc un ouvrage   éminemment politique. 

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  </item>
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<title>une île, encore!</title>
<pubDate>Tue, 30 Aug 2011 00:00:00 +0200</pubDate>
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  &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Décidément , l’Alaska est  à l’honneur  ces temps-ci .  « Into the  Wild » de  Sean Penn,  au cinéma, « Sukkwan Island »  de David Vann, l’année  dernière  avec  le  prix Médicis du roman étranger…. 

Ah mais ! C’est le même  David  Vann qui revient avec  « Désolations » -  qui   dans  son édition  originale  s’appelle  « Caribou Island » ( disponible  en Penguin  à quartier  latin)

Une histoire  d’île  à nouveau ?   Et  en Alaska, encore ?   David Vann  ne saurait-il déjà plus se renouveler ? 

Que nenni. Ce  roman  se place  en  Alaska  comme   un  roman français a tendance à se placer en France.   Le lieu  lui   donne sans  doute  cette sombre  mélancolie que fait imaginer l’aurore boréale, les  journées courtes, la menace de prise des glaces. Il y a de tout cela  dans ce roman,  mais  le   principal est ailleurs. 

Un couple  à la  dérive, un projet  plus ou moins déjanté  de cabane  à construire , vu par  l’homme comme  une œuvre bizarrement salvatrice,  par  l’épouse  comme une  épreuve supplémentaire à  vivre,  et à peut-être ne pas surmonter.  

Il y a du désespoir chez  ces deux-là,  et l’absurde proposition  de faire face  à leurs  désenchantements par  une  espèce  de  « reconstruction » prise au sens physique du terme  nous place  quelque part là où commençait « Sukkwann Island ». On peut  presque prendre  « Désolations »  comme  un  « prequel » de l’autre… à part que bien sûr  les personnages  ne sont pas les mêmes  dans  leur  chair.  Dans l’esprit, pourtant… 

Mais il n’y a pas  ces  deux-là qui se cherchent douloureusement.  Il y a  aussi leur fils, leur fille.  Chacun avec  des  destins amoureux ( oserait-on dire ?)  différents. 

Ces vies se croisent,  se rencontrent rarement pourtant.  Il y a des ruptures  silencieuses,  ce roman en est plein. Il y  a des conversations  de sourds, des tâtonnements désespérés.  

Ce roman n’est pas gai.  Ce livre  n’est pas  une galéjade.  Moins  dur que  Sukkwan,  Caribou  plonge pourtant bien plus profondément dans l’étude  de nos âmes,  de nos peurs et espérances. La  quête  est  insensiblement inscrite  à chaque page… mais l’écriture  de Vann  est si légère qu’elle efface  largement le dramatique du propos. Et on se sent avide  de poursuivre, de suivre  ces  destins  ébréchés, d’en savoir  le dénouement qu’on n’ose imaginer. 

C’est à la manière d’un thriller  dont les tenants et aboutissants n’on  à voir  qu’avec la violence  des  sentiments, ou plutôt de leur  absence.  D’un autisme  émotionnel impalpable, inéluctable, incompréhensible. 

Mais dans ces  circonstances si  exotiques, nous reconnaissons du quotidien si tristement quotidien. Cet Alaska-là nous est si proche,  évoque tant de  vécu,  que nous ne pouvons pas l’évacuer par quelque bannissement géographique.  

De la grande littérature de notre temps. 
S’il y  avait un Goncourt  étranger, ce serait celui-là !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;</description>
  </item>
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<title>de Arles à Rome, quelques pages d'Histoire</title>
<pubDate>Tue, 9 Aug 2011 00:00:00 +0200</pubDate>
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  <description>&lt;table&gt;&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;&lt;td&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782259210270&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://images.titelive.com/270/9782259210270_1_v.jpg&quot; width=&quot;80&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border:1px solid #DEDEDE; max-width : 80px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
  &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Patrick de Carolis, journaliste TV talentueux, avait  déjà  étonné son monde  en se hissant  au rang de président  de France Télévisions … et on y avait vu l’effet bénéfique  d’un livre d’entretiens  avec Bernadette Chirac.  Faut-il  voir là également l’inspiration  de ce qui semble devenir son fil conducteur d’écrivain : chercher  la femme derrière les grands  hommes ? Après les « Demoiselles de Provence » qui ont consacré  sa légitimité  d’auteur, voici donc  « la Dame du Palatin »,  qui  consacre éventuellement un historien en devenir. 

Paulina, la figure centrale de ce roman historique,  entre dans l’Histoire comme épouse de Sénèque,  dont  on célèbre  encore aujourd’hui  les  écrits  philosophiques  et politiques, et qui  apparaît ici dans un rôle moins  connu de précepteur et  « conseiller » de l’empereur Néron. 

Ce qui semble avoir déterminé le choix  de Carolis est  l’origine de cette Paulina  dont l’Histoire n’a pas retenu  grande cause. Native d’Arles,  ville chérie de Patrick de Carolis,  elle  donne à celui-ci l’occasion rêvée  de revenir sur les  origines de la ville,  qui naquit et prospéra comme une conséquence  de la rivalité entre  César et Pompée, résolue notamment dans cette bataille navale décisive gagnée par César, et pour laquelle les Arlésiens avaient fourni les  galères. 

C’est donc ce qui explique  que  le récit de Carolis se  divise  en deux  époques : mariée  d’abord, contre son gré,  à  un  notable, sa Paulina se morfond pendant des années  dans une Arles  romaine, que Carolis prend un  plaisir avoué à décortiquer et à  faire revivre pour nous.  Ayant perdu  son fils et son mari,  notre héroïne  se jette ensuite dans Rome,  où elle se retrouve  vite épouse  de Sénèque,  ce qui  permet le second volet de l’histoire, où Carolis  en profite pour  dérouler   l’écheveau des intrigues et  vilénies  de la classe  dirigeante d’une Rome  déjà déclinante. 

Sans doute cette seconde partie est-elle plus intéressante pour le lecteur non Arlésien,  et  le pitch promotionnel de l’ouvrage  qui s’émerveille  du rôle d’une Arlésienne au centre du pouvoir de la Rome Antique  est largement tiré par les cheveux. Ce n’est pas une Arlésienne  qui  épouse Sénèque, mais bien une  femme de la bonne société romaine,  dont seuls quelques  antécédents et son lieu de naissance  rattachent à l’Arelate antique.  

N’empêche !  le style de Carolis  est limpide quoique parfois un peu paresseux  et l’histoire  de cette femme parvient à nous intéresser  suffisamment pour  faire assez bien passer les  incidentes historiques dont Carolis   aime truffer  son récit. C’est sans doute le principal  reproche qu’on peut faire à l’inventeur  des «Racines et des Ailes » : son parti-pris didactique  qui prend sans cesse le dessus. Un brin trop démonstratif  pour le lecteur pressé.  Mais c’est l’été et nous n’avons pas besoin de  dévorer  tout livre comme un thriller, n’est-ce pas ?   En laissant le grand Patrick nous  promener  dans une Rome  spectaculaire  et  intriguante (dans tous les sens du terme), nous ne boudons donc pas notre plaisir et le rythme  de l’ouvrage représente  un intéressant compromis entre  le roman  historique  vaguement documenté et le traité d’historien  illisible pour le simple mortel. 

C’est  ce  mélange  au dosage inhabituel qui fait attendre le prochain  ouvrage de Carolis avec curiosité : de quel côté  tombera-t-il ? Du côté  de l’historien, remplissant simplement les blancs de la documentation historique (l’image est de Carolis lui-même)  ou du côté du conteur qui s’approprie une époque et un contexte pour y tisser sa propre toile… ?&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;</description>
  </item>
<item>
<title>L’homme, l’argent, la société</title>
<pubDate>Tue, 26 Jul 2011 00:00:00 +0200</pubDate>
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  &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le capitalisme serait né en Grande-Bretagne, grosso modo avec la  Révolution Industrielle.  Alors  que le  Commonwealth  dominait le monde, notamment par son  énorme  emprise  sur les mers.  Mais avant  cela, on  oublie  un peu que la plus grande puissance occidentale  était… Venise. 

Et Venise était la cité  de l’Argent. Parce que  Venise ne pouvait vivre  sans le Commerce.  Et que le commerce  nécessita  de grandes inventions : la comptabilité à partie double, la banque,  la lettre de change, ancêtre du chèque, la Bourse.  

Jean Claude Barreau, théologien,  historien,  et conseiller de quelques  grands  de ce monde,  de Mitterrand à Charles Pasqua,  est  un personnage  qui ne se laisse pas aisément classer. Alors que vient-il nous chanter là ? Une  Venise  proche du génie historique, et un génie  qui dure, qui dure  sept siècles ! 

Une  Venise  qui invente  tout sur ce quoi  le capitalisme moderne  est fondé : la banque, bien sûr,  et ses instruments  qui existent  aujourd’hui de manière presque inchangée  dans leur principe. Mais aussi, avant  Luther, avant que Max Weber nous  invente pratiquement l’éthique  protestante du capitalisme,  une  éthique  de la richesse  dont on a si longtemps oublié les origines. 

A Venise, l’argent obligeait. Obligeait  ceux qui le détenaient. A Venise, un  patricien, un riche, ne pouvait insulter impunément un gondolier. La Justice  Vénitienne, mesurée à l’aune  de l’époque,  était une des plus  égalitaires qu’on puisse imaginer.  

Quand on se souvient que le monde chrétien ( et musulman)  a longtemps  interdit le prêt à intérêt, Venise a , elle, inventé  un pricipe qui serait d’une grande  actualité aujourd’hui et qui  figure peu ou prou  dans  tous les manifestes  « gauchistes » et altermondialistes  d’aujourd’hui :  la limitation de l’intérêt à une proportion  faisant du capital  l’auxiliaire  du développement commercial et industriel  au lieu d’en devenir un jour la seule, pure et abstraite finalité. 

Jean-Claude Barreau se fait le défenseur de l'oligarchie vénitienne qu’il propose en modèle pour notre société parce qu’elle inventa un capitalisme intelligent, respectueux de son peuple, fondé sur le sens de l’État de ses élites. En liant  le déclin de Venise  à la sclérose de ses élites dirigeantes, devenues incapables  d’influer sur leur monde,  Barreau nous chante  un  air drôlement contemporain

Jusqu’à la mondialisation qui résonne  dans  le propos  de Barreau :  Venise,  avec  ses arsenaux,  son industrie du verre,  Venise au centre  de l’impression et donc  du développement du  monde intellectuel, Venise  était son propre  rempart conter la  « délocalistation ». 

C’est donc la naissance et la prospérité  d’un  capitalisme  « à visage humain »  que Jean Claude Barreau nous  décrit  et  son propos est truffé   d’enseignements  éclairants  et surprenants. Une leçon d’Histoire  qui  résonne  étrangement en ces  temps mouvementés,  dans ce qu’elle  nous apprend  à la fois des origines  et des finalités.  

Une lecture de vacances d’une stupéfiante actualité.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;</description>
  </item>
<item>
<title></title>
<pubDate>Fri, 15 Jul 2011 00:00:00 +0200</pubDate>
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  <description>&lt;table&gt;&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;&lt;td&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782714446640&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://images.titelive.com/640/9782714446640_1_v.jpg&quot; width=&quot;80&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border:1px solid #DEDEDE; max-width : 80px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
  &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Herman Koch, auteur de  nouvelles  et de romans, mais aussi comédien à ses heures  et pendant quinze ans présentateur d’un show télévisé aux Pays-Bas, a connu le succès en librairie avec  ce dernier roman,  « le Dîner ». 400 000 exemplaires  aux Pays-Bas, cela  représenterait sans doute  quelques millions à l’échelle de la France : autant dire  que ce livre est un fait social en lui-même. 

Le sujet  en est un autre : deux adolescents agressent une  SDF et filment leur forfait sur téléphone portable. Leurs parents  sont ensemble, dans un restaurant huppé, et doivent réagir à cette situation, aggravée si on ose dire, par le fait que l’un des protagonistes est un homme politique en vue.  

Le roman commence  en douceur, à la manière  d’un film américain,  pendant une centaine de pages le lecteur est simplement entraîné  dans une  vision gentiment sarcastique   de  deux couples  de notre temps.  Dans cet exercice déjà Herman Koch  surprend à faire  des petits riens de l’existence  quotidienne  des moments d’arrêt sur image, et sans jamais  nous lasser, parsème  de son poil à gratter des tranches de vies que nous avons sans doute tous vécues. 

Quand le drame se noue, le ton reste badin, mais le sujet devient incroyablement violent pour ceux  d’entre nous qui peuvent s’identifier  à des parents et qui on vu leurs adolescents évoluer sous leurs yeux impuissants vers des comportements à la limite du dégoût et de l’incompréhension générationnelle.  Vu à travers les yeux  des parents, le comportement  de leur progéniture passe au second plan. Le phone bashing de leurs fils  est l’occasion  de la prise de conscience d’une déroutante incapacité  de réaction parentale. Et se posent toutes ces questions qui peuvent causer sueur froides et nuits  d’insomnie :  si cela m’arrivait,  et comment  réagir, et comment  en sortir ? 

Nous ne sommes pas dans un thriller mais  nous sommes cloués au livre.  Il s’agit de faits quotidiens, horriblement quotidiens, qui nous révoltent vaguement en tant que lecteurs  de faits divers, mais  qui ici s’imposent à nous dans leur dimension la plus humaine et relationnelle. Il y a du « orange mécanique » dans ce roman,  mais  « Le dîner » puis  sa force incroyable dans la renonciation à tout effet grandiloquent, dans  sa placide  simplicité. 

On sort de là ébranlé, mais sans  arriver  un seul moment  à en vouloir à l’auteur de nous gâcher les vacances.  Ce roman qui semble  parler d’ados n’est pas une lecture d’ados.  Et le sujet , qui formellement se place aux Pays-Bas , est on ne peut plus universel. 

Qu’en même temps, de sa manière si peu prétentieuse, Koch nous donne du plaisir  de lire, qui s’en plaindra ?&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;</description>
  </item>
<item>
<title>A faussaire, faussaire et demi</title>
<pubDate>Tue, 26 Apr 2011 00:00:00 +0200</pubDate>
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  <description>&lt;table&gt;&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;&lt;td&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782246783893&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://images.titelive.com/893/9782246783893_1_v.jpg&quot; width=&quot;80&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border:1px solid #DEDEDE; max-width : 80px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
  &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Umberto Eco sait se faire  désirer  et chacun de  ses opus   est à peu près certain de tomber sur une presse  sous le charme. En général, le public suit. Une semaine après  sa sortie,  « le cimetière de Prague » caracole déjà en tête des ventes, ce qui pour un ouvrage  aussi  touffu n’est pas une mince affaire. 

On s’est habitué  à un style  fantasque, une narration pleine de nœuds, mais  cette fois-ci Eco bat ses propres records.  On met au défi le lecteur  de s’y retrouver dans la trame,  avec un narrateur, un  protagoniste à la première personne et un alter  ego  dont  même l’auteur ne semble pas  avoir décidé du statut final .  Mais  le  procédé, cette fois, suit le propos, puisqu’il  est question ici, de la première à la dernière page,  de faux et usage de faux,  escroquerie, espionnage, intelligence avec puissance  étrangère, meurtre et trahison. 

Un agent   double, un faux notaire, un faussaire  magistral,  un gastronome, et un manipulateur devant l’Eternel : voila le personnage que Eco met en scène, en lui imputant à peu près tous les plus grands  faux du XIXe siecle , dont notamment  le billet  sur base duquel fut condamné Dreyfus, et .. le  fameux protocole des Sages de Sion. Et le  récit prend appui sur  cette fameuse lettre adressée  dans les années 1860 à l’abbé Barruel,  décrite ici comme  authentique.. mais,  allez savoir !  Lettre  sur laquelle se fondent une bonne partie des âneries  qui ont formé le socle de l’antisémitisme  du XIXe et du XXe siècle. 

Point n’est assez  de cette leçon de scepticisme.  Umberto Eco en profite pour  visiter  tous les mythes  et secrets ésothériques  que notre monde  s’est forgés,  des Rose-Croix aux palladiens, en passant bien sûr par la Franc-Maçonnerie et les messes noires. Un festival ! 

L’historicité  est ici menée à rude  épreuve, mais à bon escient.  Tout en  tissant son hiostoire  d’une foultitude  étonnante de vrais noms  et de faits historiques avérés, Eco nous fournit surtout un roman et de ce point de vue, la barque  est chargée à raz bord. Jusqu’aux  eaux-fortes à la Daumier  qui nous rapprochent des   romans   d’Eugène Sue ( amplement cité par ailleurs).  

Les amateurs de thriller   en seront un peu pour leur  faim, à cause  de la structure  trop intriquée  du récit.  Par contre,  laissez vous aller au fil du récit sans trop  de réticence et Eco vous fournit, avec la complicité magistrale  de son traducteur Jean Noël Schifano,  une prose  d’une richesse lexicale et de style étonnante,  et en même temps une peinture d’époque hors du commun.  Des expéditions Garibaldiennes en Sicile jusqu’à l’affaire Deyfus,  Eco n’a pas pour vocation de nous expliquer l’Histoire. Au contraire, il s’amuse comme un petit fou à nous l’embrouiller, pour  son propre plaisir et celui du lecteur innocent. 

Le lecteur doit-il  chercher, trouvera-t-il  une clé, un message ? Avec Eco, on aurait tendance à le croire.  Pour ma part,  il me  semble que de fausse piste en fausse piste en  révélation bidon, le propos de Umberto Eco ne peut être  qu’un avertissement devant les trompeuses évidences politiques,  un  démontage  des plus grosses comme des plus fines ficelles de la diffamation et de la manipulation des masses, et en pleine période de  Wikileaks, c’est largement de quoi nous faire réfléchir… 

Je m’en voudrais  de ne pas  évoquer  les succulents passages gastronomiques qui font saliver et grossir à la seule lecture : Eco est un bon vivant et  nous fait partager son vice. On ne s’étonnera pas  de  voir sortir sous peu  un traité  de cuisine  tiré  des seules  recettes  amorcées  dans ce roman&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;</description>
  </item>
<item>
<title>Philosophie de l'Ecologie</title>
<pubDate>Tue, 26 Apr 2011 00:00:00 +0200</pubDate>
<link>http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782021038668</link>
<guid>238296</guid>
  <description>&lt;table&gt;&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;&lt;td&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782021038668&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://images.titelive.com/668/9782021038668_1_v.jpg&quot; width=&quot;80&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border:1px solid #DEDEDE; max-width : 80px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
  &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Deepwater Horizon est le nom,  déjà oublié, de la plate-forme  pétrolière offshore  qui explosa le 20 avril 2010 dans le golfe du Mexique, causant une des plus graves catastrophes écologiques des temps modernes.  Mais le titre  est ici purement allégorique. Nopus ne sommes pas dans une  enquête  journalistique sur un  événement , à la recherche des coupables  ou des remèdes.  

Stéphane  Ferret nous entraîne dans une  réflexion  philosophique dont le sous-titre  (« éthique de la nature  et philosophie de la crise  écologique ») donne  l’exacte ampleur.  Ouvrage  atypique à plus d’un titre.  Ce consultant d’entreprise s’est fait connaître par  plusieurs   ouvrages tenant bien plus de la philosophie  que  de la vie  économique :  on pourrait le traiter de vulgarisateur  s’il n’y avait là le danger  de minimiser le propos. Et pourtant  ce  dernier opus,  comme d’ailleurs   les précédents, est  éminemment lisible par le commun, et donc  sans doute plus utile que  ce que le monde académique nous sert habituellement  d’élucubrations  élitistes  et culpabilisatrices. 

En plaçant la réflexion écologique sur un plan éthique, Ferret s’extrait des  débats sur l’homme et  le progrès tels que nous les  servent les  écologistes de tous poils. En posant la question des  droits que, dans l’absolu, les  êtres  de la nature  (comprenant donc animaux et végétaux, mais pourquoi  alors ne pas englober microbes et virus?), il nous  ramène  aux fondement de la réflexion sur les rapports entre l’Homme et la Nature. Peut-être  que le propose peut en effet se visualiser émotionnellement dans  l’argument du dernier homme,  classique de la philosophie analytique. Imaginant qu’il ne reste plus qu’un seul  être humain sur Terre, qui n’aurait donc à se justifier de ses actes  devant aucune communauté ou autorité, comment juger  le fait pour ce dernier  homme,  de se mettre  à  éradiquer systématiquement autour de lui  tout  ce qui vite, bouge, respire ?  Si nous avons le sentiment que ce dernier  représentant de notre espèce  commettrait alors  quelque forfait « moralement condamnable », alors  nous sommes  au seuil d’une réflexion nouvelle  sur  sa place dans l’Univers.  

Ferret  crée ensuite une notion qu’on peut trouver inélégante dans son  expression, mais qui a le mérite  dêtre claire : il  distingue  entre  deux  métaphysiques   qui s’opposent :  une « métaphysique –h »  qui met l’homme au centre de l’Univers et une « métaphysique non-h »  qui dénierait à l’Homme toute primauté dans l’ordre des choses.  S’en suit une   réflexion  féconde  sur la notion d’humanisme,  ce terme  étant peu à peu dépouillé de toute sa connotation apparemment exclusivement positive  et un hallucinant voyage  philosophique  et ontologique. 

Bien sûr, de grands esprits ont déjà réfléchi, pensé, et dit tout cela, questionné le monde, posé des principes moraux.  Mais là où la philosophie classique  se meut dans la gratuité  de la pensée ( ou de la rhétorique, si on préfère),  Ferret  enracine  son propos dans le  réel d’aujourd’hui  et, pour  sembler perdre de la hauteur de vue,  il appuie pour de vrai là où ça va mal.  En appelant les grands noms  et les penseurs moins connus à la rescousse,  Ferret nous montre  que la remise en cause morale,  éthique, de notre  rôle  de seigneurs du Monde  n’est pas masochiste mais  ouvre des perspectives  lumineuses, dont jusque là le Bouddhisme  et les pensées animistes  ne semblaient  percevoir qu’une  vision individuelle. 

C’est une revigorante lecture  que celle-ci,  et recommandable à tout le monde. Une  vaste bibliographie enracine le sujet et permet des  excursions mentales  variées.  Ferret fait partie de ces  philosophes qui, comme Precht en Allemagne,  se soucient plus de parler à quelqu’un que de parler tout court.  D’aucuns trouveront cela  un inacceptable sacrifice à la médiatisation de la pensée.  Mais  tant qu’il s’agit encore  ou à nouveau de penser, le chroniqueur ne peut qu’applaudir….&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;</description>
  </item>
<item>
<title>Prémonitoire et interpellatoire</title>
<pubDate>Sun, 6 Mar 2011 00:00:00 +0100</pubDate>
<link>http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782221123966</link>
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  <description>&lt;table&gt;&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;&lt;td&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782221123966&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://images.titelive.com/966/9782221123966_1_v.jpg&quot; width=&quot;80&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border:1px solid #DEDEDE; max-width : 80px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
  &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Des  milliers  de Tunisiens – demain des dizaines de milliers  de Libyens ?-  débarquent à Lampedusa,  poste avancé de l’Europe  en Méditerranée…  et  ensuite à Menton, à Nice,  où Douane, Police et Ministre fraîchement nommé   se font un plaisir  filmé et télévisé  de marquer leur ferme mais impotente  détermination  à les  renvoyer…  en Italie.  

Piteux marquage  de la communauté Européenne,  de l’Espace Schengen,  de l’Union  pour la Méditerrannée et  de « France,  patrie des droits de l’Homme ». Mais,  évidemment,  cruel  rappel à la  réalité : naïvement politiquement corrects  ou patriotiquement nationalistes ( et donc  racistes ?  eugénistes ?), nous sommes  tous confrontés à cette  réalité  que tout le tintamarre  sur la mondialisation  ne peut faire oublier : qu’allons-nous devenir, terrés dans notre vieille, belle et riche  Europe,  dans un monde où les inégalités  n’ont jamais été plus criantes,  et où les Pauvres du Sud ont maintenant les moyens, non seulement d’arraisonner nos tankers au large de le Somalie (vous savez ? l’endroit où Kouschner  allait distribuer des sacs de riz) mais carrément de venir  en grande masse  débarquer sur nos côtes…

Tout cela se passe aujourd’hui  et  tout cela  avait  été imaginé, prédit, raconté,  … en 1973,  par  Jean  Raspail.  A l’époque,  son roman  n’avait pas soulevé de vagues particulières.  Je me rappelle pourtant l’avoir lu, glacé d’effroi, tellement son  récit science-fictionnesque  sonnait vrai  et  probable.  Teinté  de raillerie sarcastique, bien sûr, mais  de nature  à faire  réfléchir sérieusement . 1973, rappelez-vous,  c’était l’époque du Club de Rome  , l’époque où quand on s’inquiétait de l’épuisement des ressources de la Terre  et  du besoin  d’adopter des politiques  écologiques, on  était  classé  parmi les  hippies infantiles. 

Le roman, littérairement, en vaut bien d’autres, mais la vision, qui prend forme aujourd’hui dans la réalité  du journal télévisé,  est maintenant plus que  hier  acerbe, interpellante, acide. 
Raspail se défend  d’un classement à l’extrême droite  et on doit  lui donner raison : littérairement il a donné  moult  preuves  de son humanité,  de son humanisme,  et depuis quand met-on à l’extrême droite   les surréalistes pataphysiciens et consuls de Patagonie ? 

Ces classements un peu rapides  tiennent  de la bêtise pure,  de l’aveuglement aussi, quand on  pense, avec de bons sentiments et des principes résoudre les  questions les plus graves qui se posent à notre monde – dont la survie même de l’Humanité  en sa forme actuelle  est sans doute  la plus générique. La maturité  ne veut-elle ,pas, justement,  que nous acceptions  que  certaines, nombreuses questions existentielles le sont, précisément, parce qu’elles  ne trouvent aucune réponse à la portée de l’esprit humain individuel ?

En  1973 Jean Raspail traitait ce sujet presque à la galéjade. On peut imaginer  qu’aujourd’hui, son propos serait plus grave et donc carrément banal et politique. Rééditer  aujourd’hui  « le camp des saints »  est donc une initiative précieuse.  Loin de (re)lire une vieillerie dépassée par l’époque, on est au contraire  confronté à une précieuse insouciance qui aujourd’hui n’a plus cure. Que le problème, qui à l’époque tenait de l’hypothèse loufoque, soit aujourd’hui devenu  la principale menace pesant sur la société humaine : voilà qui fait de ce livre  un document clé sur  la volatilité  du politique, sur l’inanité de la gouvernance mondiale. 

On attend le film,  d’urgence !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;</description>
  </item>
<item>
<title>France, ou es-tu?</title>
<pubDate>Mon, 14 Feb 2011 00:00:00 +0100</pubDate>
<link>http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782213654454</link>
<guid>237634</guid>
  <description>&lt;table&gt;&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;&lt;td&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782213654454&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://images.titelive.com/454/9782213654454_1_v.jpg&quot; width=&quot;80&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border:1px solid #DEDEDE; max-width : 80px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
  &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Cela  fait près de cinq ans  que Jean Pierre  Chevenement  n’avait pas  donné  à lire :  eh bien  dans la perspective  de  2012,  les  candidats, virtuels ou  réels, potentiels ou  sempiternels, crédibles  et nuisibles,  commencent à sortir du bois.  Et nous  risquons de nouveaux  sommets dans la foire d’empoigne, l’à-peu-près, la mauvaise foi, l’auto-glorification  et  la veulerie..

La campagne  s’annonce fade,  car jamais  les  candidats  n’auront  été plus proches les uns des autres dans leur  (manque de) vision  économique  et dans leur  inaptitude à agir sur les  développements internationaux,  qu’ils soient  du domaine de la haute finance  ou des   équilibres commerciaux.  Et dans cette fadeur,  le public, qui veut du spectacle, risque   de donner plus d’attention  aux  discours  qui sortent du lot de l’affrontement raisonnable  droite-gauche.  Jean Pierre Chevenement, par exemple.  

On se rappelle le rôle – involontaire ? – joué par Jean Pierre Chevenement,  dans l’élimination  de Lionel Jospin  et  l’avènement de Jean Marie le Pen    en  grande  finale des  présidentielles. Sur  cet épisode, on reste  discret. 

Ce livre  est, bien sûr,  un livre  de campagne. Mais  en dernier  grand  Gaullien,  Chevenement  ne  s’en prend pas  qu’au  strict débat  sur la mondialisation et les affres   conjoncturels du capitalisme post-moderne.  La  grande valeur ajoutée  à ce traité  de la politique  du moment  est  ce vaste  inventaire auquel nous invite Chevenement,  inventaire  d’une génération  de socialistes, de Mitterrand à … oui,  à qui  exactement  aujourd’hui ? 

L’inventaire  est détaillé.. le livre  prend  à certains endroits  la dimension de véritables mémoires et  venant   d’un intime  de Mitterrand, plusieurs  fois ministre, et néanmoins  trublion qui n’a pas la langue dans sa  poche,  cela peut ouvrir quelques  fenêtres sur des  régions restées assez  obscures  jusque là. 

On peut regretter  que le  ton reste  polémique.  Le caractère leste  et enlevé  trahit l’éternel  orateur, le tribun, rôle pour lequel  seul Jean luc Mélanchon  en dispute  à Chevènement.  

Titrant sur la France,  Chevenement se penche en effet largement sur l’Europe.  Pari « pascalien » de Mitterrand, l’Europe peut-elle prendre le relais, dans le concert des nations,  d’états nationaux  en  perte de vitesse et d’influence ?  Beau paradoxe  des idées,  que de voir  le chantre  de la France Nationale (mais  de gauche)  en appeler  aujourd’hui à une  « résilience  Européenne ». 
La  question  qui forme le titre  du  livre  ne reçoit pourtant pas  la  réponse catégorique  attendue.  Là  est la subtilité  de l’ouvrage : ce n’est pas un programme de gouvernement.  Chevènement  s’autorise  bien des flous – ce qui lui  évite sans doute la bêtise des positions arrêtées.  Et  ce qui fait,  chose appréciable, de ce livre  une vraie contribution à un débat  quelque peu renouvelé.  

Le livre laisse-t-il  quelques questions grandes ouvertes ?  Eh bien Chevènement  sera là pour en discuter et, qui sait, formuler quelques  réponses supplémentaires :  le 24 février, à partir de 17h,   en effet, il signera  son ouvrage à la librairie quartier latin,  séance  de  dédicace  qu’il a voulu  faire annoncer  comme une  « rencontre avec  débat » .  Occasion rare  d’élever le débat, justement…&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;</description>
  </item>
<item>
<title>Petites scènes  de vie quotidienne</title>
<pubDate>Mon, 31 Jan 2011 00:00:00 +0100</pubDate>
<link>http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782020997560</link>
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  <description>&lt;table&gt;&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;&lt;td&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782020997560&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://images.titelive.com/560/9782020997560_1_v.jpg&quot; width=&quot;80&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border:1px solid #DEDEDE; max-width : 80px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
  &lt;/td&gt;&lt;td&gt;D’aucuns se souviennent du  « Monde de Sophie » de Jostein Gaarder où une jeune adolescente  menait correspondance  avec un  inconnu la titillant de questions   philosophiques  mettant en scène les  grands penseurs  enseignés  en classe de philo.  Au-delà du roman initiatique, il y  avait là un effort de mise   à la portée de tous  de quelques-uns des grands débat  philosophiques  qui a  fait le succès du livre : des millions d’exemplaires vendus dans le monde, un des best-sellers de tous les temps.  Et cela montra bien combien notre  société, réduite à un système de valeurs de plus en plus  matérialiste et consumériste garde  cette fascination de l’infini et de l’indicible…

« Petit déjeuner avec Socrate »  est l’œuvre  d’un professeur de philosophie… et chroniqueur à la BBC, Robert Rowland Smith, dont nous ne connaissons pas d’autre ouvrage.  Un livre  de journaliste presque,  mais avec  un étalage de culture assez inouï,  quoique dispensée  d’un ton presque badin, jamais prétentieux,  et toujours  dans une langue accessible au moindre lettré d’entre nous.  La même idée de base  que  dans « le monde de Sophie » : mettre la philosophie à la portée de tous, approcher le quotidien avec un œil neuf,  s’interroger sur nos gestes routiniers  comme sur nos grandes pulsions.  

Le ton est humoureux,  léger, mais toujours empreint d’une certaine gravité. Il ne s’agit pas de se moquer, ni du penseur, ni de  l’homo post-industrialis. Il s’agit  de points de vue  décalés.   Quand la journée commence, le  réveil est l’objet  d’une réflexion sur la conscience, le  réveil vu comme une manifestation de la vie  tant est qu’on puisse considérer le sommeil comme une manifestation temporaire de la mort de la conscience….   Et  le livre   continue sur ce mode : surprenant à chaque page par la réflexion que peut induire le moindre acte quotidien, la contemplation ordinaire, le cours du temps et le fil des choses.  

Il n’y a pas  de name-dropping  abusif,  pas de notes en bas de page, pas de renvois bibliographique, juste un discours  qu’on écouterait bien, une fois n’est pas coutume, en audio-livre, tant on a envie de se laisser porter, de manière  quasi gratuite, par  cette pensée sympathique  et  revigorante. Chaque page  donne une envie d’arrêt sur image,  mais  autant  envie de reprendre le  fil du  discours… un ravissement continu. 

Rowland Smith est plus  « moderne » que  Gaarder : aux philosophes  il mêle les psychologues, les neurosciences,  quelques écrivains, des cinéastes, cultive le coq-à-l’âne de la pensée, nous donne  une sorte de livre d’heures, qu’on peut ouvrir au hasard à n’importe quelle page pour  quelque nouvelle gourmandise de la pensée.  Ce n’est pas un dictionnaire amoureux, mais cela pourrait l’être. Le fait de la structuration  en chapitres minimaliste  de cette  gigantesque digression protéiforme  ajoute au plaisir de la lecture : on ne se sent à aucun moment « obligé » d’aller au bout  d’un article ou d’un chapitre : le plaisir  de lire et de penser est là, à portée de main, immédiat,  mais profond, inspiré et inspirateur. 

J’ai pris ce livre pour le chroniquer, j’ai envie maintenant de le garder, et si l’éditeur pouvait décider  d’en sortir une version numérique, je le mettrais  volontiers sur mon iPhone, mon ordinateur portable , ma tablette, histoire de juste pouvoir y revenir   quand l’envie me prend : en faire , comme on dit platement,  « mon compagnon ».  Douce envie,  d’une petite chose,  d’un supplément d’âme et de pensée dans un  « monde de brutes »… que vous dire de plus ? précipitez-vous !                   -ds&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;</description>
  </item>
<item>
<title>L’indignation n’est Pas un mode  de pensée.</title>
<pubDate>Tue, 11 Jan 2011 00:00:00 +0100</pubDate>
<link>http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782911939761</link>
<guid>237173</guid>
  <description>&lt;table&gt;&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;&lt;td&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782911939761&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://images.titelive.com/761/9782911939761_1_v.jpg&quot; width=&quot;80&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border:1px solid #DEDEDE; max-width : 80px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
  &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il y a des sujets auxquels le chroniqueur ne peut pas se soustraire. Il y a eu la polémique sur  Houellebecq, qui  a fait long feu.. il y a maintenant  le déchaînement  médiatique autour de Stéphane HESSEL,  qui n’en mérite assurément pas autant. 

Rappelons les  faits : dans un opuscule de 30 pages ( vendues 3 €, pas  cher, n’est-ce pas,  mais à la page  c’est quand même un  des livres les plus chers du  moment) mais dont le texte ne fait que 19 pages,  l’ancien résistant ( 93 ans) et collaborateur à la  rédaction de la Déclaration des Droits de l’Homme . fait état d'une compassion étendue et d'une révolte acerbe face aux grands sujets de société :  Israël et la Palestine, la politique gouvernementale, la crise financière etc…. Et sous la plume d'un tel homme, les Roms, les sans-papiers, le gouffre entre pauvres et riches, les marchés financiers tout-puissants deviennent autant de raison de s'indigner, plus encore (formulation prudente empruntée à « Actualitté »).  On imagine bien  le discours  genre « café du commerce haut de gamme » pour ne pas  résumer davantage la chose ici.  Comment  d’ailleurs  résumer un libelle  aussi  bref ? Tiré à 500 000 exemplaires, avec  430 000 exemplaires  en retirage actuellement, c’est le bestseller  de l’année, loi devant le Goncourt,  si on veut bien le ranger dans les objets d’édition. En librairie, il n’est pas  rare  d’en voir acheter dix à la fois, pour le distribuer autour de soi en guise  de bréviaire .. ou de liste de résolutions  de début d’année ? 

Mon propos, qui rendra  sans doute  la lecture inutile aux yeux  des uns, mais indispensable aux yeux des autres,  est   de vous rapporter  quelques  perles  des  multiples  réactions   que  la chose a suscitée. A commencer par le Premier Ministre, excusez  du peu, qui s’est senti la nécessité   de nius  dire  que « la complexité du monde actuel réclame d’abord de la lucidité, de l’exigence intellectuelle, parce que tout ne s’écrit pas en noir et blanc, mais elle réclame aussi et surtout des actes. » Il est vrai  que la politique gouvernementale  est au centre du collimateur  de  Stéphane Hessel. 

Le Monde y est allé  récemment de deux pages  sur les quelles  toutes sortes de gens de qualité  s’indignaient de toutes sortes de choses et  Marianne  n’est pas  resté en  reste  en faisant du sujet sa Une.  Des personnalités surfent sur la vague . Boris  Cyrulnik : « J’ai beaucoup de tendresse, d’admiration, pour Stéphane Hessel avec qui j’ai beaucoup de concordances de vue mais je m’indigne qu’on nous demande de nous indigner parce que l’indignation est le premier temps de l’engagement aveugle. Il faut nous demander de raisonner et non de nous indigner. » Eric Le Boucher  de Slate.fr, Pierre Assouline , Stéphane Rozès,  y vont de leur  analyse sociétale.  Philippe Bilger déplore un succès qui s'expliquerait davantage par la personnalité de l'auteur que par ses écrits, qui révèlent une indignation qui ne pose sur le monde qu'un « regard délibérément mutilé ». Dans sa chronique quotidienne du Figaro, Luc Ferry fustige l'indignation programmée de Stéphane Hessel comme une « facilité » qui permettrait à tout un chacun de s'offrir un supplément d'âme et de « s'offrir sans effort des poses de moraliste ».
La liste est longue, et elle s’allonge tous les jours. En  définitive,  ce pamphlet  exutoire  est  un  révélateur inespéré de ce qui nous mine, Français, Européens. La disparition  de la morale  dans un monde fait de rapports de  force  et où les seules valeurs  spirituelles qui s’expriment encore nous sont résolument hostiles.  La culpabilité devant le silence, devant l’oubli, devant l’indifférence.  Il fallait assurément plus de 19 pages ,  et plus  d’un ancien Résistant au-dessus de tout soupçon pour  traiter  ces sujets  fondamentaux de notre époque.  Mais ne boudons pas notre chance:  les bouches  s’ouvrent, les  esprits aussi, ira-t-on espérer. Et l’intérêt du livre  serra donc dans le débat  qu’il suscite .. dont peut-être un jour quelque thésard de Sciences-Po  nous fera, en un grand pavé, une analyse socio-psychologique de notre temps. Rudement nécessaire sans doute. Mais sans prise  sur  les choses, bien sûr.  -ds&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;</description>
  </item>
<item>
<title></title>
<pubDate>Thu, 6 Jan 2011 00:00:00 +0100</pubDate>
<link>http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782226206268</link>
<guid>237133</guid>
  <description>&lt;table&gt;&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;&lt;td&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quartier-latin.fr/detaillivre.php?gencod=9782226206268&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://images.titelive.com/268/9782226206268_1_v.jpg&quot; width=&quot;80&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border:1px solid #DEDEDE; max-width : 80px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
  &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Je ne sais pas pour vous, mais je déteste ma banque… Depuis 10 ans, mon misérable PEA végète et a même perdu près de 50 % pendant les 3 dernières années.

Pendant ce temps, ses dirigeants -que je ne peux nommer ici- ont fait la “Une ” des médias cet été, en  réalisant des plus values indécentes: par exemple: 175 000 € de gains dans un “aller-retour” d’un jour (en Bourse) grâce à l’efficacité de leurs traders. Mais le misérable péquenot qui laisse ses économies  sur son compte, ne bénéficie pas de cet attentionné service!

Pourquoi faisons toujours confiance à nos banques? Quelles alternatives pour nos économies? Quel rôle jouent réellement les banques dans “la crise financière” actuelle?

Un essai remarquable sur la banque la plus puissante du monde vient d’être distingué. Il s’agit de “La Banque” de Marc Roche, qui a reçu le  prix du livre de l’économie 2010, jeudi dernier. Marc Roche est correspondant du Monde à Londres. Son livre “La Banque” est une plongée dans les eaux sulfureuses de la reine des banques d’affaires, Goldman Sachs.&amp;#8232;”La Banque”, comme l’appelle l’auteur pour souligner la toute-puissance emblématique de Goldman Sachs, a vu sa réputation ternie et symbolise désormais la finance folle. Goldman Sachs est notamment considérée comme l’une des principales responsables de la crise financière.&amp;#8232;Marc Roche raconte les coups et montages barbares montés par l’institution, qui ont mené au krach de 2008 et qui lui ont permis de se débarrasser de son principal concurrent, Lehman Brothers.&amp;#8232;

Le prix a été remis à Marc Roche par Marc Ladreit de Lacharrière, président du jury (composé de journalistes), en présence de la ministre de l’Economie, Christine Lagarde. - Frederique Cerruti&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;</description>
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