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Colbert ; la vertu usurpée - François De Aubert

Gencod
9782262032111
  • Editeur : Perrin
  • Parution : 28 Janvier 2010
  • Genre : Biographies Historiques
  • 488 pages, 24.2 X 15 cm, 633 grammes 
Prix éditeur : 23.00 €   Prix : 21.85 €
habituellement livré sous huitaine

Le conseil de la librairie

Colbert: du vice et de la vertu

Que ne nous a-t-on pas seriné sur Colbert : père du protectionnisme français sous Louis IV, certes, mais aussi parangon de vertu, maître-organisateur du royaume et, en quelque sorte, bien plus que Napoléon, père de l’Administration centralisée de France.

En sous-titrant sa biographie de Colbert « la vertu usurpée » , François d’Aubert, lui-même en quelque sorte lointain successeur du grand Jean Baptiste ( il fut notamment secrétaire d’Etat au budget) jette déjà un pavé dans la mare. En réaction à la vulgate officielle de nos manuels scolaires, qui a fini par statufier Colbert en héros national, voici donc une vision tonique et renouvelée qui fait apparaître un homme bien moins veruteux que ne le déclame l’image d’Epinal qu’il nous en reste.

Colbert est, pour les anglo-saxons, le symbole même de l’interventionnisme de l’Etat - vu, bien sûr, aujourd’hui comme du temps de son vivant, comme un sacrilège contre l’orthodoxie libérale. A tel point qu’on retrouve régulièrement des titres dans la presse anglophone du genre « au secours, Colbert revient ! ». Sujet d’une criante actualité donc, qui trouve à la lumière des récents événements de la planète écologique un éclairage d’autant plus nuancé.

Entre vice et vertu, entre bon sens économique et politique à courte vue, Colbert est donc à nouveau moderne. Et au moment ou un hebdomadaire parmi les plus sérieux de la planète (« Der Spiegel ») titre en Une et sur une douzaine de pages sur l’institutionnalisation des sept péchés capitaux dans la vie économique de nos jours, la lecture de ces quelques 470 pages suscite de la réflexion autre que purement historique.

De l’image de l’homme honnête et désintéressé, du grand réformateur, du roosevelt avant l’heure, il ne reste qu’une image ébréchée…. François d’Aubert nous raconte une époque ou le roi proclamant que l’Etat c’était lui était loin de tirer toutes les ficelles du pouvoir, un temps où des fortunes colossales pouvaient s’accumuler à l’ombre des charges royales, et un ministre qui, jamais, ne s’est oublié lui-même dans les bienfaits dont il gratifiai la Nation et la Postérité.

Ce n’est pas que l’histoire d’un homme qui est ainsi déroulée devant nous. C’ est une saisissante peinture d’époque, une description d’un système politico-économique somme toutes pas si dépassé que cela par la modernité. Car on aimerait être sûr que les services rendus, les prébendes et autres gratifications occultes ou publiques , que tout ce système de compromissions appartient au passé. Qu’il ne soit en rien comparable aux tractation de l’intelligentsia des Conseils d’Administration, des banques d’investissement et des politiques ignorants et naïfs d’aujourd’hui.

François d’Aubert préside aujourd’hui aux destinées d’une Délégation générale contre les paradis fiscaux. Ce livre, qui se lit non comme un roman, mais presque comme une enquête du « Canard Enchaîné », vient a point pour lui rappeler que derrière les déclarations et les adresses à la mémoire historique, le monde est fait de petitesses et de rapacités. Entre la politique de 2010 et la mémoire de 1650, quelques leçons sont à tirer. François d’Aubert montre de la hauteur de vue et replace l’homme dans son siècle… quelques dizaines de pages consacrées au colbertisme posthume ne sont certes pas inutiles. Leur développement aurait sans doute mené à faire de cette biographie un traité d’analyse économique - sans doute moins lisible et plus contestable. Avec sa vaste bibliographie, l’ouvrage donne cependant tous les outils à celui qui voudrait reprendre cette analyse, et ce n’est pas le moindre mérite de l’ouvrage… -ds

Présentation

En réaction à la vulgate officielle qui a fini par statufier Colbert, une vision tonique et renouvelée, parfois iconoclaste, faisant apparaître un ministre aux réussites moins incontestables qu'on ne l'a dit, un homme moins vertueux qu'on ne l'a présenté. On connaît l'image consensuelle et convenue de Colbert telle qu'elle a été complaisamment forgée par les historiens de la IIIe République : le ministre mesuré, austère, intègre, pragmatique, serviteur jusqu'au sacrifice personnel de son roi, de l'Etat, du royaume. Au fil de ces pages, celui que Mme de Sévigné appelait ' le Nord ', craignant ' la glace qui l'attendait ' juste avant d'entrer en audience avec lui, apparaît tel qu'en lui-même : prêt à tout pour conquérir puis conserver le pouvoir, d'une rare violence devant les obstacles, retors, machiavélique et manipulateur, ne pensant qu'à placer les membres de sa famille aux plus hauts postes et à accroître sa fortune par tous les moyens, même frauduleux. Alors que les Etats reviennent en force dans la vie économique et financière, une nouvelle biographie de Colbert, incarnation de la centralisation s'il en est, s'imposait tout naturellement. Mais une biographie sans concession, pointant du doigt les limites du personnage et réévaluant une oeuvre qu'on a trop longtemps encensée.

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